vendredi 20 avril 2012

Vous me reconnaissez ?





Ouvrir un blog est une action somme toute très narcissique.
Vous qui me lisez, vous lisez mes critiques, mes plaisirs, mes coups de gueule, mes révoltes, mes coups de coeur, (mais surtout mes coups de gueule on va dire). Il est assez rare pour moi de parler de vous. Ou alors en diagonale.

Je me suis souvent demandée pourquoi un tel besoin de parler de soi. Tenir un blog est une sorte de journal intime non intime. On a toutes et tous envie du bon mot et on espère fébrilement le commentaire qui va nous caresser et regonfler le temps de quelques minutes/secondes/dixièmes de secondes pour les plus exigeants, un égo un peu en berne mais déjà probablement surdimensionné pour avoir eu l'envie d'étaler sa sensibilité derrière un écran dix-neuf pouces.

Blog mais aussi n'importe quel autre support ! Tout  est bon pour y passer : Site internet perso,  Facebook, Twitter, Pinterest, Deezer, microblogging, il faut être vu, il faut observer répondre, tagger, liker, hashtagger, forwarder, écouter, partager, et surtout il faut commenter.

The place to be, the place to live !

Lorsque je suis installée autour d'un Coco Banana accompagnée de ma Beletou, (un bisou en passant d'ailleurs) on ne peut s'empêcher de vouloir faire partager cela à toute notre liste de contacts Facebook à coup de photos, tags et identifications massive des fois qu'on nous louperait.

Concrètement, il n'y a rien de bien passionnant dans l'idée de partager sur une photo instagramée deux cocktails posés nonchalamment façon "lifestyle" sur le coin d'une table dans un établissement branchouille d'une station balnéaire cliché de la Côte d'Azur (ben oui forcément, on partage et en plus de ça on se fait gauler sur le lieu qui se colle automatiquement à la photo, quasiment une fois sur deux ! Dommage pour ceux qui ne sont pas à l'endroit où ils prétendent être).
L'idée est de simplement partager avec d'autres des moments qu'on apprécie (ou pas), tout comme des musiques, des citations, des sensations, des situations pas banales, des tranches de vies.

Certains, toutes générations confondues, s'en indignent et trouvent cela déplacé de toujours tendre vers ce réseau social chronophage et tentaculaire. De déballer (ou pas) sa vie ou ce que l'on veut bien de sa vie sans grande réserve.

Comment faisait-on avant Facebook ?
Oui mais comment faisait-on avant Internet ? Le GSM ? Le téléphone filaire ? La TV ? La voiture ? La pénicilline !?

Loin de moi l'idée d'associer la pénicilline à Facebook ou autre système de "regardez moi je suis vivant". Il me semble juste nécessaire de préciser que ce que l'on croit souvent être un simple phénomène de mode est en fait un réel phénomène de société ou même une petite révolution si l'on sait l'observer selon ledit côté révolutionnaire.

Révolutionnaire, parce que jamais un outil tel que le "réseau social" n'a autant boosté l'égo de millions de personnes se sentant du jour au lendemain exister à travers une lucarne, un statut, une vidéo publiée ou un jeu à la noix vantant les mérites de la vie à la ferme et de l'élevage des cochons.
Révolutionnaire quand on voit les proportions que cela peut prendre au niveau "déplacement de la masse" : une société qui ne peut vivre autrement que dans un besoin perpétuel de reconnaissance et qui paradoxalement n'a jamais autant fait preuve d'individualisme.

Mais surtout révolutionnaire quand on sait l'utiliser de façon judicieuse et pragmatique.

Il est fréquent d'entendre les plus convaincus prétendre "Moi, je m'en fous des autres ! "
L'idée étant de savoir plutôt ce que deviendrait notre vie  sans le regard de ces fameux "autres" ? Car si on s'en foutait vraiment, alors quel besoin de figurer sur un site ? Sur un mur ? Sur un blog ?

Si quelquefois, comme l'a dit si judicieusement Jean-Paul Sartre, les "autres" peuvent s'apparenter à l'enfer, il n'en reste pas moins que sans leur regard, il nous est vraisemblablement difficile de nous construire. Raison pour laquelle tous les humains de cette planète, sans possible distinction, cherchent une potentielle reconnaissance à travers leurs agissements. Celle la même qui les fera ressortir grandis, fiers, affirmés, établis, heureux, peut être enfin rattrapés par un sentiment qui ne leur a que trop manqué durant une période de vie spécifique : adolescence, enfance ...

S'évertuer à nier la course à la reconnaissance est un leurre.
Toute action, parole, pensée,  est soumise au jugement d'autrui, et si possible positif.
Même si ce jugement s'avère négatif, il y aura forcément une part de reconnaissance à l'intérieur : "on s'est intéressé à moi ! ".

Allez va, tous en choeur ...

Parlez-moi d'moi
Y a qu'ça qui m'intéresse
Parlez-moi d'moi
Y a qu'ça qui m'donne d'l'émoi
De mes amours mes humeurs mes tendresses
De mes retours mes fureurs mes faiblesses
Parlez-moi d'moi
Parfois avec rudesse
Mais parlez-moi, parlez-moi d'moi

Vous me dites-ci
Vous me dites-ça
Comment vous avez vaincu vos orages
Vos petits soucis
Et vos gros tracas
Mais si vous voulez m'toucher davantage

[Refrain]

Comme c'est touchant ce que vous vivez
Mon Dieu vous racontez bien vos angoisses
Ce que les méchants vous ont fait baver
Entre nous tous vos problèmes m'agacent

[Refrain]

Je voudrais un peu parler un instant
Jamais vous ne me laissez en placer une
Lorsqu'enfin je peux déserrer les dents
J'ai l'impression de l'ouvrir pour des prunes
V'la qu'j'en ai assez de tous ces laïus
Il est grand temps maintenant de nous taire
De nous embrasser
De secouer nos puces
C'est comme ça qu'vous comprendrez mon mystère

Parlez-moi d'moi
Y a qu'ça qui m'intéresse
Parlez-moi d'moi
Y a qu'ça qui m'donne d'l'émoi
Et plus vous pleurerez sur mes détresses
Plus voyez vous ça nous mettra en joie

Paroles et musique: Guy Béart, 1980
...

#Hémoiémoisetmoi...

mardi 17 avril 2012

Super Mario Psycho


En octobre 2010, je me suis inscrite en licence de Psychologie dans un organisme d'enseignement à distance dépendant lui même de la faculté de Paris 8.

Il y a quelques temps, j'étais conviée à un regroupement car en seconde année, il est de bon ton (considérer "légèrement obligatoire") de participer à des regroupements organisés sur des sujets divers et variés.

En l'occurrence nous avions deux journées assez chargées. L'une consacrée au Projet Tutoré (sorte de mini mémoire) de psychologie clinique et psychopathologie, et l'autre consacrée au Fonctionnement Cognitif et aux statistiques inférentielles (beurk ! je ne me suis même pas encore attaquée aux statistiques de première année alors inutile de me demander ce qu'est une statistique inférentielle !).

La psychologie clinique et la psychopathologie sont des disciplines regroupées sous une même matière à laquelle vient s'ajouter l'étude des troubles mentaux, et je pense n'étonner personne dans mon lectorat en indiquant que ce sont là mes sujets de prédilection.

Logiquement, quand quelque chose nous plaît, on a toujours un peu plus de facilité à l'assimiler.

C'est donc dans une sorte de kiff international que j'ai assisté à ce cour de psychopathologie, qui visait en premier lieu à nous donner un peu de crédibilité côté sujets de mémoire, mais aussi nous confronter les uns aux autres.

Avoir choisi la Psy n'est pas un hasard pour moi. C'est un peu comme la progression logique d'un chemin de vie qui n'a cessé de me placer au centre d'expériences dans lesquelles les comportements humains et le fonctionnement du psychisme occupaient une place de choix.

Observer les gens est un de mes passe-temps favori.

En bonne anti-sociale que je suis ( si, si, je vous assure ! ) j'ai passé de nombreuses années à observer les gens autour de moi, à analyser minutieusement et à vouloir à tout prix expliquer et comprendre leurs agissements, leurs réactions, leurs propos, disséquer, inventorier, rassembler les pièces d'un puzzle, découvrir, énumérer, me servir de mes cinq sens bien en éveil pour au final en arriver à certaines déductions sur le genre humain. Pas toujours très reluisantes il faut le dire (mode misanthrope ON).

Reprendre ses études à 36 ans est un phénomène assez exceptionnel. On se sent d'abord fière d'avoir été acceptée en Fac (alors qu'en fait, n'importe quel bouseux titulaire de son bac est accepté en Fac ! ).  C'est un peu comme si on n'envoyait pas en plus du dossier d'inscription, une lettre de remerciement en ayant inscrit en gros et en rouge "MERCI D'ACCEPTER LA VIEILLE MORUE QUE JE SUIS !".  

J'ai entendu tout et son contraire en annonçant que je venais de m'inscrire en fac. Après la vague des 'C'est formidable, c'est vraiment  génial ", j'ai eu le droit à "tu élèves tes gosses donc tu fous rien de tes journées, t'as le temps", et j'ai quand même finis par récolter fièrement la vague du "Mouahahahahahah ! Tu t'es inscrite en fac ! Quelle belle connerie ! Ca ne sert à rien" ... Et autres joyeusetés du même genre.

Pourtant, quand j'observe la jeune demoiselle qui nous dispensait le cours de psychopathologie ce jour là, du haut de ses 26 ans bien sonnés et de son visage tout lisse et sans aucune rides d'expression, je ne pouvais envier sa place. Certes Psychologue Clinicienne diplômée (vous qui me lisez, si j'atteins ce diplôme un jour, je vous jure que le champagne, vous y aurez droit, et pas qu'une coupe ! ) elle semblait si légère et si épargnée par la vie que son discours peinait à trouver sa place devant un auditoire dont la majeure partie devait totaliser entre dix et quinze années de plus qu'elle.

Doit-on forcément avoir vécu pour trouver un recul nécessaire et objectif sur la vie et le genre humain en général ?

Empathie, écoute et attention neutre et bienveillante sont les fers de lance du psychologue.
Sommes-nous vraiment dotés de ces qualités au sortir de l'adolescence ? Ou  est-il possible de ne les acquérir qu'en cinq années d'études et quelques heures de stage qui ne compenseraient pas forcément ce regard si objectif et si détaché que nous pouvons acquérir à l'école de la vie.

Tout vient à point à qui sait attendre et j'ai probablement et inconsciemment dû attendre le bon moment pour entreprendre ce qui était juste et évident pour moi.

Ces études sont passionnantes, chaque jour un peu plus prenantes et dans un quotidien déjà lourd de contingences et d'obligations de résultat, je me sens souvent l'âme d'un Super Mario accroché à son volant à la recherche de l'ultime champignon, évitant les peaux de bananes qui atterrissent par je ne sais quel hasard sur mon chemin ...

Il y a quelques temps, après une année d'acharnement neuronal intensif et de lutte pour  obtenir des résultats plus qu'honorables, j'ai annoncé à mon entourage la validation de bon nombre de disciplines qui me permettaient un passage en seconde année. Première victoire intérieure, premier challenge réussi.

Au milieu des silences, des étonnements, mais aussi des félicitations et autres compliments que j'ai accueillis avec plaisir et fierté, une phrase m'est alors grimpée à l'oreille. Simple et efficace, elle résumait à elle seule ce que j'avais envie d'entendre et qui me porte et me conforte chaque jour dans la poursuite de cette vaste et formidable aventure :

"Mais il n'en aurait pas été question autrement..."

#AppelezmoiFreud ...


mercredi 11 avril 2012

Si je veux ...





Alors que je déambulais une fois de plus dans le rayon psycho de la FNAC Saint Lazare, en quête d'un 578ème livre qui viendrait s'ajouter nonchalamment à la pile des 577 autres que je n'ai pas encore eu le temps de dévorer mais que-j'aime-bien-avoir-sous-le-coude-au-cas-où ... je bifurquais au hasard du rayon recettes de cuisine pour m'en extirper au plus vite et atterrir par dépit devant l'escalator où se trouve le panneau "développement personnel".

Je dois avouer que ce rayon me laisse bien souvent perplexe. J'ai toujours eu beaucoup de réserves avec des ouvrages qui prétendent vous donner les clefs de ce qui ne peut finalement provenir que du plus profond de vous même.

C'est un peu comme répéter inlassablement à une copine qui s'accrocherait à son mec marié et looser : "MAIS QUITTE LE BORDEL ! TU VOIS BIEN QU'IL DIVORCERA JAMAIS" !

Ben là c'est un peu l'effet que ça me fait : penser que le bonheur se trouve dans un livre intitulé "atteindre le bonheur" c'est juste vouloir persuader une sensibilité sur une chose qu'elle ne peut qu'elle même atteindre, le jour où elle l'aura décidé et non pas à l'insu de son plein gré comme dirait notre ami Richard ...

Forcément, si le mode d'emploi (efficace) du bonheur existait dans les bouquins, déjà les rayons seraient perpétuellement vides car les stocks constamment épuisés, et il n'y aurait pas quatre semaines d'attente pour consulter mon Psy adoré. Finalement le bon côté du truc c'est que je n'aurai pas de chômage une fois mon Master en poche, mais bon, ceci est encore un autre débat.

Le bonheur est donc en vente à la FNAC, on le retrouve aussi dans les magazines TV (un excellentissime article de Télé7Jours intitulé "10 solutions pour atteindre le bonheur"). On essaye de nous le perfuser à travers des émissions dignes d'un protozoaire monocéphale : D&Co ! L'émission du bonheur par excellence ! J'ai regardé cette émission à quelques reprises et je me suis longtemps demandée s'ils n'allaient pas pousser le bouchon (Maurice) au point de nous sortir une compil des musiques niaises balancées sur chaque découverte de l'appart refait 1...2...3... Ouvrez les yeux,  mais mettez vos lunettes de soleil quand même, avec tout ce fluo faut pas déconner ...

Il y a souvent une sorte de dictature du Bonheur.
Vouloir à tout prix que l'autre aille bien.
Quand une personne exprime ses sentiments, son mal être, il est de bon ton de vouloir lui balancer des phrases assez formatées pour la circonstance "allez, tout ira mieux" ... "Tu es une personne formidable, tu vas t'en sortir " ...
J'ai rarement eu l'occasion d'entendre ou de lire  un "Vas y  mon gars, déprime, broie du noir si ça te fait plaisir, t'as bien raison, ta vie c'est de la merde".

En même temps, j'ai souvent tendance à penser que si ces intentions de réconfort sont louables, elles n'en sont pas moins égoïstes. La douleur de l'autre nous dérange. Et sans doute, plutôt que de se pencher dessus, d'essayer d'accompagner ou de creuser (creuse Forrest, creuse !) pour comprendre, il nous est beaucoup plus facile d'encourager à la guérison, à la détente, au BONHEUR ! (Encore là celui là, What The Fuck ! Ca s'accroche comme les mauvaises odeurs ... Pffff ...).

Et si l'autre, dans sa grande détresse et son indéfectible solitude, ne réclamait pas tout simplement un peu de repos à cette dictature du beau et du bien que l'on souhaite à tout prix lui imposer.
Pourquoi ne serait-il pas plus aisé de le regarder en lui disant : "je suis là, je respecte ta détresse. Si tu veux que nous en parlions, je t'écouterai, si tu veux pleurer, je serai une épaule, si tu veux hurler, je hurlerai avec toi. Mais en aucun cas, je ne te jugerai pour ce que tu ressens et pour le chemin qui t'a mené jusqu'à cette sensibilité".

En fait, le bonheur est un leurre.
On nous a gentiment balancé sur terre avec l'idée que notre vie devrait logiquement respecter une succession de bonheur (Oh la jolie  petite fille, Oh la jolie Barbie, Oh les jolies études, Oh le joli fiancé, Oh la jolie robe de meringue, Oh le joli mariage, Oh les jolis enfants, Oh le joli crédit, Oh la jolie maison, Oh les jolies vacances, Oh la jolie carrière, Oh la jolie retraite, Oh le joli caveau...)

Très rapidement, ( voir même illico pour bon nombre d'entre nous ! ) on se rend compte que cela ne va pas vraiment se passer comme cela et qu'on s'est un peut fait enfler sur la marchandise.

Le bonheur n'est pas un banal produit de consommation comme on pourrait le penser.
Le bonheur ne se vend pas, il ne se fabrique pas, il ne se construit pas.
Le bonheur s'attrape, furtivement, longuement, patiemment.

Le bonheur passe cent mille fois dans une seconde. Il ne tient qu'à nous de le saisir, de le garder, quelquefois d'apprendre à le relâcher, pour mieux le retrouver, plus tard.

Le bonheur, c'est ...
  • Une holà de 3 putois sur le canapé rouge en l'honneur de leur maman qui a enfin réussi à perdre 7 kilos !
  • Une matinée au Starbuck devant un Lemon Cake et un Chaï Tea Latte à refaire le monde.
  • Une après midi au Père-Lachaise
  • La valse d'Amélie au piano
  • Prendre des photos tout le temps et partout.
  • Rire avec la gardienne de l'école.
  • Des assiettes vides à la fin d'un couscous.
  • Une Chimay bleue dans le Carré en février.
  • Des pieds nus dans l'herbe en juillet.
  • Regarder Montmartre
  • Ecouter Barbara
  • Une 151ème paire de chaussure.
  • Ecrire, lire, rencontrer, découvrir, apprendre, entendre, respirer.
  • Aimer ...


#faitesvotreliste ...







lundi 9 avril 2012

Folle Sagesse



J'avais pas loin de 7 ou 8 ans, peut être plus jeune encore.

J'accompagnais régulièrement au cimetière ma grand-mère et ma mère qui se rendaient en pèlerinage sur la tombe d'une arrière Tante.

Je me souviens de l'immensité du lieu et des interminables allées qu'il fallait arpenter pour arriver enfin à la sépulture, une dalle en granit grisâtre alignée au beau milieu d'autres dalles elles-mêmes toutes  aussi grisâtres les unes que les autres.

Les lieux m'apparaissaient comme immenses et interminables, mais surtout très familiers.

Pendant que ma Mémé adorée s'affairait sur la tombe, mon plus grand plaisir (morbide pour bon nombre d'entre vous qui me lisez, cela va de soi !) était de remplir des arrosoirs bien trop lourds pour ma pomme, de pleurer en regardant les médaillons d'enfants, d'aller arroser les plantes des tombes voisines (gonflée de responsabilités, je n'en négligeais aucune !) ou bien de redresser les pots de fleurs tombés ça et là.

Je me souviens encore de l'humidité des lieux, des odeurs de mousse et de fleurs déclinantes, du bruit des graviers sous nos pas, des visages tristes et graves des visiteurs, des tombes abandonnées ou négligées, la souffrance était de rigueur. Partout.

Pourtant, j'étais dans mon élément. Rien ne me dérangeait dans ce grand jardin où les occupants n'étaient pas vraiment bruyants, où l'on pouvait caresser des gros matous à profusion et observer le monde sous un autre angle. Un angle potentiellement silencieux.

Plus tard, c'est sur la tombe de ma grand-mère que j'ai pris l'habitude de me rendre, décédée peu avant mes épreuves du Baccalauréat, j'allais trouver là bas calme et tranquillité pour réviser mes matières. Lui parlant quelquefois, écoutant les oiseaux, profitant du soleil.

Les années ont passé et je n'ai pas cessé de cultiver ce goût pour tout ce qui pouvait être en rapport de loin ou de près avec la mort en général.

La mort, le surnaturel, l'au-delà, le paranormal, l'étrange, le bizarre, le freak, les cabinets de curiosités, le macabre, le funéraire,  le gothique, le médico-légal ...  Toutes ces choses qui peuvent sembler surréalistes aux yeux de certains et qui vous font immédiatement basculer dans une dimension hors-normes.

Hors-normes est le qualificatif qui me correspond le mieux.
Ex-aequo avec "trop".

Peut être un petit peu "Trop hors normes".

C'est donc en toute "normalité" (la mienne évidemment) que j'ai accepté d'apporter ma contribution à un site internet qui correspondait complètement à mes aspirations, mes goûts, et ma "passion".

Parlons-en de cette "passion".

Je déteste le mot passion. Il n'exprime à mes yeux que souffrance, dépendance, soumission et attente.  Je préfère de loin la notion de plaisir, de bonheur, de jouissance.

Bon nombre de mes relations/connaissances/amis/lecteurs/ doivent considérer ma "passion" comme un truc un peu étrange, voir même carrément glauque, limite anormal.

En effet comment donner l'image d'une personne normale alors qu'on semble tout droit être sortie d'un film de Tim Burton, qu'on passe sa vie à s'habiller comme si c'était Halloween, à photographier des tombes, à écrire des trucs sur la mort, à kiffer les bijoux skulls, à emmener ses gosses le mercredi après midi au Père Lachaise ou dans des musées à squelettes,  et à envisager son prochain stage de troisième année de psy au sein de l'Institut Médico-Légal de Paris.

Franchement, moi à votre place, je me barrerai en courant !

L'approche de la quarantaine apporte son lot de souffrance, de remise en question et d'affirmation, mais aussi de découverte et de renouveau.
Ce qui était latent, nié, sous-jacent et étouffé ressort quelquefois avec une puissance décuplée.
La route est longue et difficile pour retrouver cette place qui n'a pas cessé d'être la notre, simplement laissée de côté pour les bons soins du conformisme et du conventionnel.

Récemment, pour les besoins d'un de mes articles d'AlloLeCiel,  je suis rentrée en contact avec un jeune homme étonnant.
A peine 23 ans, et Agent Funéraire. Une profession qui laisserait penser qu'on ne peut l'exercer qu'en ayant un certain âge, des rides sur le visage, et la mine triste et déconfite. 

Anthony est aux antipodes de tout cela. Il contribue largement à cette démocratisation du monde du funéraire. Il m'a demandé en amie sur mon compte Facebook après m'avoir vu évoluer au gré de mes posts plus ou moins décalés ! Je me souviens encore d'un moment très amusant où, alors que je sirotais un Chaï Tea au Starbuck en compagnie de mon amie Sophie, j'ai lu un de ses petits messages en mp me demandant si je faisais aussi partie du monde du funéraire ou bien si c'était une "passion".

#Passionfunéraire est depuis devenue une grande source de plaisanterie entre Sophie et moi.

Tout comme Anthony, bon nombre de mes relations ont compris que cette sensibilité, cet attrait pour cet univers n'était pas source de désespoir ni de tristesse, mais plutôt une formidable envie de célébrer la vie à travers ce qui était moi.

Alors aux irréductibles qui traîneront leurs guêtres dans mon enclos mortifère et potentiellement anxiogène, et qui douteraient encore de la fiabilité de mes connexions synaptiques, je ne peux que leur répéter inlassablement :

samedi 31 mars 2012

A vous tous ...






Il y a certains mots que l'on a tendance à ne pas prononcer ou que l'on s'abstient souvent de prononcer.
Sans doute par pudeur, par fierté, par peur de ne rien recevoir en retour, par timidité, souvent.

Quelquefois, lorsque l'on tente de les utiliser, ces mots le sont à tort et à travers, perdant ainsi de leur vraie signification, leur "substantifique moëlle".

Au bout du compte, ils tombent souvent dans la banalité, dans la masse de conversations fades ou carrément insipides. On ne les regarde plus, on ne les voit plus, pire, on ne les entend plus.

Les mots peuvent tuer, mais ils peuvent aussi rassurer, faire pleurer, rendre heureux, élever, apaiser, donner de l'espoir, accompagner.

Lorsque la vie vient vous tester, elle décide quelquefois de vous pousser aux limites de l'acceptable. Le seul réconfort que vous arrivez à puiser se trouve parfois dans les mots, ceux que l'on peut lire sur un écran d'ordinateur, ou sur un Iphone, des sms,  tout au long d'une interminable attente au fin fond d'une chambre d'hôpital sombre.

Machines, tuyaux, perfusion, bip et re bip. Fatigue, stress, souffrance, hantise.

Flash back, 7 septembre 2001. 12h01, Clinique Sainte Isabelle à Neuilly, c'est la rentrée des classes, il fait un soleil magnifique et  IL est là mon premier, mon merveilleux. Il est beau, il est grand et fort. Mais aujourd'hui il souffre. Je suis auprès de lui, je ne le lâche pas, je souris, je lui tiens la main.  Demain je serai toujours là. On ira à la Grande Récré, on achètera plein de jouets, on mangera des sushis, on ira au Touquet, on jouera au jeu des capitales, on regardera les volcans, on fera des câlins, et je te cuisinerai la meilleure sauce tomate du monde, celle que tu préfères avec du sucre et du thym. Je t'engueulerai parce que tu ne veux pas ranger ta chambre, ou parce que ça fait cinquante fois que je ramasse ton pyjama, je te préparerai ton goûter du Vendredi, on ira acheter des Polvorons à la Casa Hispana, tu voudras "tout connaître de la vie" parce que t'es bien le fils de ta mère. Tu me piqueras en douce ma canette de coca, tu voudras que je t'achète encore un jeu pour la PS3, tu tenteras des expériences  gluantes avec tout ce que tu peux trouver dans le frigo, tu voudras jouer encore et toujours au foot, et puis gagner, surtout gagner.

Tu feras des câlins à ta soeur, tu te chamailleras avec tes frères, tu regarderas les séries débiles du câble et me demanderas pour la ènième fois de te télécharger mes musiques de métal.

Le regarder pendant qu'il essaye péniblement de respirer et vouloir par dessus tout lui prendre sa souffrance.

Il n'y a pas de pire souffrance que celle de ses propres enfants.

Les minutes interminables, la fatigue, la douleur, les questions.

Et puis les mots. Ceux la même qui me sont arrivés de toute parts.
Le miracle du virtuel qui ne l'était pas pour moi ce soir là. Situation bien réelle.

A vous tous qui m'avez soutenue, à vous tous qui m'avez tenu la main dans cette épreuve si difficile et si soudaine, qui m'avez accompagnée doucement, et permis de garder le cap.

A vous tous que je connais si bien ou ne connais pas tant que ça mais qui m'avez confortée dans mon choix de vous faire entrer dans ma vie.

A vous tous, ces mots qu'on ne dira jamais assez et que je veux vous hurler aujourd'hui :

A vous tous ...

MERCI
JE VOUS AIME

samedi 24 mars 2012

Tu seras racketté, mon fils !



Tant qu'on n'a pas d'enfant scolarisé dans une école élémentaire, on ne peut pas savoir exactement ce qu'il en est de l'"Education Nationale".

Certains parents pensent avoir déjà pigé tout le truc quand ils n'en ont qu'un seul et à la maternelle, mais non. A coté de l'école élémentaire, la maternelle, c'est carrément de la parfaite rigolade. Un parcours de santé allégé ! 

L'entrée en CP  nous met immédiatement dans l'ambiance : les réunions interminables du mois de septembre  nous expliquent que oui il faut un protège cahier rouge parce que la maîtresse elle aime bien le rouge et si possible un mauve avec des rabats jaunes parce que ça éveille la créativité ou bien encore qu'il faut faire la distinction entre les heures de classe et les heures d'interclasse où les enfants ne sont plus du tout sous la responsabilité de l'Education Nationale :
" Non Madame, moi je ne suis pas  personnel Mairie, je suis EDUCATION NATIONALE ! Je ne m'occupe donc pas de votre enfant dans l'interclasse, pour toutes réclamations concernant le bras cassé, adressez vous aux services de la Mairie".
"Non Madame, je ne vous ai pas appelé parce qu'il est simplement tombé sur le front mais c'est pas grave, on lui a mis un peu d'eau sur la tête ! Nous à L'EDUCATION NATIONALE on ne donne pas de médicaments" ...

Il y a des moments où, face à cette institution, toute la patience et toute la bonne volonté du monde finissent par faire défaut tant on se sent plongé dans un univers complètement absurde, à coté duquel Kafka fait figure de "Tchoupi et Oui-Oui font des pâtés de sable en reluquant le cul de Potiron".

J'ai récemment expérimenté la réunion d'entrée au collège, un grand moment à ne pas rater.

Jusqu'à présent, les réunions avaient encore l'air de trucs vraisemblables. Et puis l'auditoire pouvait faire semblant de prendre le moment au sérieux. En même temps c'était pas trop compliqué. Hop, Hop, voilà une petite école de quartier parisienne très bobo catho, entre le Boulevard Pereire et les Batignolles, un petit air de Province, un brassage des cultures, une école comme dans les livres de notre enfance où les parents viennent tous chercher leurs enfants à 16h30, un pain au chocolat à la main.

Et puis le spectre de la sectorisation vient planer au dessus de nos têtes ...

Paris étant partagé en plusieurs secteurs, c'est un peu la roulette russe de l'instruction : en gros si vous habitez dans un beau quartier mais pas au bon numéro, il est possible de voir votre enfant affecté à  un collège pourri version sensible XXXL relégué derrière les Boulevards Extérieurs.

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut demander une dérogation pour essayer d'orienter  son enfant vers un environnement un peu moins sensible que celui auquel il est voué.

Cas de dérogation possible :

1 - Handicap
2 - Problèmes de santé
3 - Regroupement de fratrie
4 - Cursus spécifique
5 - Ecole trop éloignée
6 - Boursier

Inutile de préciser que 99,5% des parents se retrouvent à cocher la case numéro 4 pour essayer de sauver leurs gosses d'une dégradation intellectuelle et relationnelle certaine.

La mauvaise nouvelle c'est qu'effectivement, aucune dérogation n'est accordée, même avec le piston le plus invraisemblable du monde.

Question à la Directrice : "Madame, si aucune dérogation n'est accordée, pourquoi nous proposez vous de faire une demande de dérogation".

Réponse de la Directrice : "Ah mais moi je ne fais qu'appliquer les circulaires ..."

Durant la réunion, du haut de son magnifique serre tête en velours et de sa veste matelassée option "je bouffe dans de la porcelaine et je tends la joue gauche ( ou droite ? ché plus ! ) ", la Directrice nous incitait quand même à ne pas demander une option de langue sous prétexte de vouloir échapper à un collège réputé sensible.

"Pensez à vos enfants, ils ne pourront pas suivre un cursus de chinois si aucun membre de la famille ne fait partie de cette communauté, de plus ne venez pas vous plaindre si un jour votre fils veut partir habiter en Chine parce qu'il a étudié le chinois et qu'il souhaite aller faire sa vie là bas".

Ah ! Forcément y'avait déjà comme un malaise d'entendre un truc pareil.

C'est dans un cas comme celui ci qu'on aimerait un peu plus de solidarité entre parents, la trentaine de parents présents était  sensiblement concernée par le même problème, mais certains d'entre eux n'osaient pas avouer qu'ils en étaient arrivés à acheter des chambres de bonnes ou des studios dans des quartiers confortables pour y scolariser leur enfants en fonction justement de l'adresse.

Bilan de la réunion :

Madame, votre fils a 19/20 de moyenne générale et est un élève intelligent et brillant, mais à cause d'une loi très con, il va se retrouver parachuté dans un univers assez surréaliste et à l'opposé de tout ce qui lui a été inculqué au quotidien depuis sa naissance. Il ne vous reste plus qu'à vous démerder pour qu'il réussisse à naviguer entre le racket, la violence, les vols, les passages à tabacs, la drogue, et le racisme, oui oui, le racisme ! Une prof de l'établissement en question s'étant vue refuser la rédaction d'une lettre d'excuse par un de ses élèves sous prétexte qu'elle était "femme ET blanche"... Ca laisse rêveuse ...

Une Directrice complètement à coté de la plaque :
  • Qui n'a sans doute jamais été fourrer son nez dans un collège sensible.
  • En total décalage avec la réalité et le terrain.
  • Nous bassinant une demi heure durant sur les changements psychologiques de nos enfants pendant le passage au collège ( Non sans déconner ? Ils vont changer ? Ils vont pas rester des gamins de 10 ans toute leur vie ? ) 
  • Se cachant derrière ses feuilles roses, jaunes, bleue et verte  et son lutin en plastique pour nous dire au final " je ne fais qu'appliquer la circulaire"
Qu'est ce qu'il nous reste pour le coup ?

Le privé ?  Refusé pour cause d'établissement plein ( version officielle ) mais surtout pour cause d'entrée au collège et non en maternelle ( pour avoir accès aux qualités de l'enseignement privé catholique sous contrat avec l'Etat, c'est limite si on ne doit pas les inscrire durant notre ovulation ... Oui madame, mon foetus est catho, je vous l'assure, je lui récite ses prières tous les soirs et il les connaitra par coeur le jour de sa naissance ! Amen ! )

Montessori ?  ... 600 euros par mois pour une méthode extraordinaire mais qui apparaitrait presque comme marginale au vu des examens demandés par le secteur public pour réintégrer le circuit traditionnel.

Hattemer, Pascal ...  ? 600 euros par mois ... Et même pas la certitude d'y être accepté.

Qu'on ne vienne pas me parler d'égalité, de mixité, de liberté, de possibilité ! Mais plutôt de ghettos dans lesquels toute une classe sociale s'enfonce. A tant vouloir tirer les plus faibles vers le haut, c'est les plus prometteurs qui se retrouvent tirés vers le bas.

Ici bas, les chances ne sont pas les mêmes pour tout le monde, bien au contraire.

Avoir un maximum de pognon, de piston ou accessoirement un coup de bol sur son adresse, sinon ... 
Cours Forrest ... Cours ...

#paysdesbisounours

mercredi 22 février 2012

De mon temps ...




Dans le florilège de putois qui gravite autour de moi telle une nuée de cannetons déambulant autour de la maman canne, il m'arrive bien souvent de faire un arrêt sur image en regardant  mes fils et de me demander ce qu'ils vont devenir. Quelle sera leur adolescence, quelle nana va venir sonner à la porte, en pleurs, me suppliant de bien vouloir intercéder en sa faveur pour que Putois N°2 daigne lui accorder à nouveau un regard et ne se tourne pas vers une autre fiancée potentielle. Quels voyages feront-ils, qui seront leurs amis fidèles, vivront - ils une adolescence paisible où je pourrai envisager une journée tranquille, à une moyenne respectable d'environ ... 65% de mauvais sang ? Seront-il branché Métal ou Rap XXL, L'un d'eux aura-t-il envie d'apprendre la cuisine, est ce qu'ils briseront des coeurs ou bien se feront-ils larguer comme de vieilles bouses, seront-ils de vrais sex-symbols ou bien les comiques de la troupe...  Serai-je une belle-mère exemplaire ?

Autant de questions qui me laissent songeuse.

Avoir des enfants peut très vite vous faire virer vieux con. Epris d'un sentiment de supériorité, nombreux sont les parents qui se sentent investis d'une tradition séculaire : être vieux jeu. Comme si il fallait, sous prétexte qu'on est des parents, forcément dénigrer le quotidien de nos enfants en leur balançant un traditionnel mais néanmoins plombant scud des familles : "de mon temps, on était pas aussi débiles".

J'adore user et abuser des "de mon temps". Cela fait toujours autant rire mes Putois qui se plaisent à m'assaillir de questions "Maman de ton temps y'avait pas de téléphone portable ? " "Maman, ils sont morts tes premiers fiancés ?" "Maman, c'était comment quand t'étais jeune ?"

Plutôt que de plomber régulièrement l'univers de ma marmaille, je me plais à l'investir discrètement pour mieux comprendre leur petit monde. Essayer de faire un minimum de parallèle avec celui "de mon temps", essayer de voir les choses différemment. Sans doute encore un peu avec des yeux d'enfants.

Avoir des enfants peut donc très vite vous faire virer vieux con, mais peut aussi vous faire perpétuellement baigner dans un univers assez délirant ou tout bouge excessivement vite, où les temps morts n'existent pas, où le langage est codé, où tout peut apparaître carrément surréaliste si on se rappelle notre jeunesse. Le paramètre non négligeable à prendre en compte c'est que forcément, il n'y a aucun élément de comparaison entre les enfants et ados d'aujourd'hui et ceux que nous étions il y a 30 ans.  Aucun élément de comparaison, pour des raisons bien évidentes, l'une d'entre elles étant l'avancée technologique dont ils disposent depuis une bonne dizaine d'années, avancée en perpétuel mouvement. Ce qui est maintenant  sera déjà obsolète dans un ou deux ans.

Si comme moi vous vous intéressez un peu à la planète web, vous avez probablement entendu parler de ces petites vidéos (podcasts) que pas mal de jeunes réalisent du fin fond de leur appartement, sorte de tranche de vie sur n'importe quels sujets qui leur passent par la tête.

Au départ, ces vidéos étant postées sur Youtube, elles avaient pour vocation un délire entre potes. Au final, le phénomène prend tant d'ampleur qu'un buzz gigantesque est créé et que ces jeunes adultes deviennent des stars du Web. Cyprien, Norman, Hugo mais aussi dernièrement Jimmy, c'est en vieille morue quarantenaire que je me régale à visionner leurs podcasts.

Allez, un petit aperçu de mes préférées ...

La dernière de Norman que vous pouvez retrouver sur son site avec plein d'autres : http://normanfaitdesvideos.com/



Et celle d'un petit nouveau qui va très vite grimper à mon avis parce qu'il est mimi comme tout et qu'en plus il a du talent, ce qui ne gâche rien  : Jimmyfait'lcon





Ces gosses ont tout compris à la vie. Ils ne prônent rien, ne défendent rien, ils ne se rebellent pas, il sont tranquilles, bien dans leur époque, surfant sur le quotidien et les nouvelles technologies. Aucun d'eux ne semble terrorisé par l'avenir. Ils donnent l'image que je souhaite pour  mes fils. Des gamins qui sauront tirer partie du système tout en sachant s'amuser.

Quel parent n'a pas projeté ses propres désirs sur l'un de ses enfants ou sur toute une fratrie ? Aujourd'hui, la perfection et l'excellence sont des signes quasi vitaux pour parvenir à décrocher le Saint Graal de l'éducation. Le fantasme de l'enfant parfait, celui qui est premier en tout et pour toujours.  Chacun de mes enfants ayant déjà une personnalité très affirmée, je ne peux m'empêcher de rêver à un fils médecin, l'autre dirigeant d'une grosse entreprise, énarque, avocat, artiste ...

Mais avant tout ça, je rêve surtout  à leur bonheur. Qu'ils sachent aimer, donner, recevoir et qu'ils n'oublient jamais d'où ils viennent.

Mais j'ai quand même un petit faible pour Norman alors mes fils, si vous passez par là un de ces quatre, la vérité, ça me ferait "gave kiffer" que vous  deveniez ce genre de gamin !

#mèrejuivesurlesbords